Le placement d’un enfant est une mesure subie pour beaucoup de parents

Trop souvent, le placement n’est pas une aide pour les familles.

C’est une rupture brutale, imposée dans l’urgence, sans préparation, sans temps pour comprendre, sans réelle possibilité de se défendre.

Face à l’Aide sociale à l’enfance (ASE), les parents découvrent une machine administrative puissante, experte, structurée quand eux arrivent démunis, culpabilisés, parfois déjà jugés.

Le récent projet de loi garantissant un avocat à chaque enfant placé est une avancée essentielle.
Mais elle rappelle aussi une vérité trop souvent oubliée : sans défense effective des parents, la protection de l’enfant peut devenir arbitraire.

Parents et ASE : un rapport de force déséquilibré

Dans de nombreux dossiers, les parents :

  • ne comprennent pas ce qu’on leur reproche exactement,
  • découvrent les rapports éducatifs à l’audience,
  • n’ont pas accès au dossier,
  • subissent des placements qui durent, sans véritable réévaluation.

Le placement devient alors une réponse souvent automatique, et non plus une mesure exceptionnelle.

Défendre les parents, ce n’est pas nier les difficultés.
C’est exiger que chaque mesure soit nécessaire, proportionnée et temporaire.

Les dangers d'un placement institutionnel

Ce mois-ci, une vidéo largement relayée sur internet a révélé des images d’un enfant de 8 ans torse nu, se faisant raser la tête de force par des éducateurs, et faisant l’objet de moqueries de leur part, dans un foyer accueillant les enfants placés.

Ce cas n’est pas isolé et ce qui s’est produit dans cette affaire n’est pas une maladresse éducative : c’est une violence, commise par ceux-là mêmes qui étaient chargés de protéger.

Cette affaire a mis en lumière une réalité que de nombreux parents et professionnels dénoncent depuis longtemps : au sein de certains dispositifs de l’ASE, des violences existent. Violences physiques, violences psychologiques, humiliations, carences graves de surveillance.

Le rôle essentiel de l'avocat des parents

Dans de nombreuses situations, alors même qu’ils conservent juridiquement l’autorité parentale, les parents ne sont plus consultés, plus écoutés, plus considérés comme légitimes.

L’avocat des parents n’est pas là pour s’opposer systématiquement à l’ASE.
Il est là pour :

  • rétablir l’équilibre du débat,
  • contester les placements abusifs,
  • exiger des alternatives au placement,
  • demander la mainlevée des mesures devenues injustifiées,
  • rappeler que l’ASE n’est pas au-dessus du juge.

Le placement est une mesure exceptionnelle, qui ne peut être ni automatique ni durable sans réévaluation sérieuse.

Protéger un enfant, ce n’est pas écarter ses parents par principe.
C’est vérifier, à chaque étape, que la mesure est nécessaire — et qu’elle ne crée pas plus de violences qu’elle n’en prévient.

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